Transfert et contre-transfert en thérapie – La relation thérapeutique comme révélateur et outil de travail pour accompagner le client à ressentir et conscientiser son mode relationnel et ses blessures associées
Le transfert est un mécanisme psychique qui se produit dans toutes nos relations sans exception. Nous avons tous la capacité de projeter sur l’autre, de manière négative ou positive, une partie de notre monde intérieur rempli d’attentes et d’idéalisations.
Dans certaines situations, face à des figures d’autorité, comme un thérapeute ou un enseignant, le transfert peut devenir massif. Il appartient à l’éthique de ces professions d’être conscientes de ce phénomène et de ne pas « passer à l’acte » ce genre de relation. C’est le deuxième versant de cette dyade relationnelle. Le contre-transfert est la réaction intérieure inévitable du thérapeute face au transfert sur lui du client. Le travail de supervision permet à un thérapeute d’analyser avec un thérapeute référent, le contenu du contre-transfert, de manière à ne pas pénaliser le client par un comportement inapproprié.
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Le transfert
L’accompagnement d’un client par un thérapeute, quel qu’il soit, se fait à travers une relation unique en son genre, à la fois authentique et artificielle. En tous cas, elle est asymétrique.
Le thérapeute est le support inconscient des projections de son client qui « transfère » sur lui des sentiments déjà vécus dans le passé (ou le présent) et plus ou moins refoulés. Dans ce cadre spécifique de la thérapie, le client peut reconnaitre, analyser et revivre autrement ces sentiments remontés à la surface, grâce à cette relation transférentielle où il se sent en sécurité.
L’analyse du transfert est un outil obligatoire et incontournable, quelle que soit la technique thérapeutique utilisée par ailleurs. Si un client fait une remarque du genre : « ça m’exaspère que vous receviez d’autres personnes que moi! », pouvoir lui répondre « avez-vous déjà ressenti ce genre de chose auparavant? » constitue l’ouverture d’une porte importante sur son mode relationnel (et notamment sur le relationnel familial) et sur ses blessures associées.
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Le transfert peut être positif avec une palette possible de sentiments du client pour l’accompagnement : affection, admiration, reconnaissance, sacralisation, idéalisation, attirance sexuelle… Un thérapeute qui accueillerait ces sentiments en son nom propre serait dans l’erreur. Le client projette des sentiments internes sur le thérapeute qu’il ne connait en fait pas en tant que personne. Si le thérapeute avait l’imprudence de recevoir pour lui les sentiments positifs du client, que ferait-il des sentiments négatifs?
Car le transfert peut aussi être négatif avec des sentiments de rancœur, de colère, de frustration, de déception, de reproches, de désillusion… Dans ce cas, aider le client à se réapproprier ses émotions sans se sentir attaqué personnellement est un vrai outil thérapeutique.
Le thérapeute est un peu comme un porte-manteau émotionnel. Le client peut projeter sur lui, s’autoriser à dire ses projections et, ensemble (client et thérapeute), ils se servent de ces projections pour aider le client à y voir plus clair sur ses mécanismes relationnels, ses attentes et ses blessures.
Le contre-transfert
C’est le corollaire obligatoire du transfert. Il s’agit de l’ensemble des émotions, sentiments et réactions éprouvées par l’accompagnant au cours de la relation thérapeutique. Cela comprend tout ce qui le touche, l’émeut, l’agace, le déstabilise, le choque. Mais aussi tout ce qui l’attire, le séduit, déclenche une envie de protéger, d’épargner, de séduire, d’être apprécié par le client…
Ce phénomène est très complexe car il renseigne le thérapeute sur lui-même autant que sur le client. Il y a de grandes chances que ce que fait éprouver le client au thérapeute, il le fasse également éprouver à d’autres. Et c’est en ce sens que le thérapeute doit s’en servir pour favoriser des prises de conscience thérapeutique… tout en repérant avec discernement ce qui est touché de personnel en lui!
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Exemple : si un client dit en séance « j’ai des problèmes d’argent, les séances sont trop chères pour moi alors que j’en ai réellement besoin », la meilleure attitude consiste à dérouler le fil pour explorer le problème et ce qui se joue pour le client. Si le thérapeute a une problématique à l’argent (illégitimité sociale par exemple) ou si la situation du client le renvoie à une situation passée, il va plonger vers le client et ce contre-transfert mal géré peut pousser à dire « si c’est trop pour vous, je peux baisser mon tarif ».
Il n’est pas simple, parfois, dans le contre-transfert de démêler ce qui appartient au client et doit être mis au travail et ce qui appartient au personnel du thérapeute. D’où l’importance des supervisions, ces espaces avec un superviseur thérapeute que le thérapeute se paie pour éclaircir et dénouer ce qui se joue dans telle relation thérapeutique.
La relation thérapeutique comme outil dans la thérapie
Les processus de transfert et contre-transfert ont beaucoup à voir avec les tabous : argent, corps, sexualité, émotions fortes. Dans une thérapie, le client explore ses parts de vulnérabilité, ses parts d’ombre, ses parts du petit à l’intérieur de lui. Il est essentiel que ses parts puissent s’exprimer dans un cadre sécure et c’est pourquoi le travail du thérapeute sur ses contre-transferts est primordial.
La peur de ne pas gérer un contre-transfert doit être reconnue et correctement intégrée, pour ne pas fuir, se mettre en retrait ou exploser d’une façon que le client pourrait interpréter comme rejet ou abandon. Connaitre ses limites, avoir conscience de ses émotions, reconnaitre ses zones d’instabilité dans la relation thérapeutique est le gage de qualité d’un thérapeute.
Parfois, certains transferts sont régressifs, c’est-à-dire que le client revit et régresse dans des mémoires archaïques, des mémoires du tout petit. A ce moment-là, un accompagnement qui passe par le toucher est fondamental pour accueillir le petit dans le client. Ce toucher doit être empreint de sollicitude, de compassion, d’écoute et de respect et en aucun cas sexualisé.
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Les êtres humains ont tous des attentes dans la relation : être reconnus, aimés, écoutés, préférés, protégés, accompagnés, respectés…
Plus ils auront manqué, plus ils attendront du thérapeute qu’il comble ce vide d’une manière ou d’une autre. Et c’est justement ce qu’il est impossible à donner… car l’attente est liée au passé et non pas au présent. Le rôle du thérapeute, entre autres, est d’accompagner le client dans le deuil de ce qui n’a pas été, dans l’acceptation et l’autonomie au présent.
La compréhension et l’utilisation correcte du transfert et du contre-transfert participent à ce chemin. Et il faut savoir qu’il est tout aussi impossible de ne pas transférer que de ne pas contre-transférer!